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Histoire et personnalités

Louisa Paulin et Molière

Profondément marquée par l’hérésie cathare, l’histoire du Réalmontais ne peut se résumer en quelques lignes. Prête à surgir à chacun de vos pas, mêlée de personnages illustres, elle n’attend que de vous être contée . . .


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Histoire

Histoire en Réalmontais

(textes fournis par R.JALBY)

La Communauté de Communes du Réalmontais comprend 14 unités territoriales: Fauch, Laboutarié, Lamillarié, Lombers, Orban, Poulan-Pouzols, Réalmont, Ronel, Roumégoux, Saint Antonin de Lacalm, Saint-Lieux Lafenasse, Sieurac, Terre-Clapier, Le Travet.

La plupart des communes formant ce maillage s'étend sur un ensemble de plateaux de moyenne altitude qui vont en s'abaissant, au Sud et à l'Ouest, vers les vallées alluviales du Dadou et de l'Assou. Il est incontestable que Réalmont tire sa primauté de l'excellence de son implantation au niveau d'une plaine fertile arrosée par la rivière du Dadou.

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Personnalités

Louisa Paulin

« C’est dans mes poèmes qu’il faut me chercher… Je n’ai ni âge, ni visage, ni forme, autres que ceux que vous trouverez à mes poèmes.»

Louisa Paulin

Le temps des « Ménines » et de « l'alouette »
Louisa Paulin est née à Réalmont, charmant village du Tarn, le 2 décembre 1888. De famille modeste, issue de la terre, elle fut une fillette pleine de vie, à la fois douce et impulsive. Son imagination se nourrit de légendes, de contes et de chansons populaires. Elle éprouvait un goût très vif pour les poupées. Le grand poète qu'elle allait devenir germait déjà dans l'enfant.
En 1904, après une sérieuse préparation à l'Ecole Primaire Supérieure de Castelsarrasin, elle entre à l'Ecole Normale d'Albi. Sa distinction naturelle et ses qualités intellectuelles impressionnent professeurs et camarades.

Elle n'a dansé qu'un seul été !
En 1907, débute sa carrière d'enseignante dans différents petits villages du Tarn. Là, elle connaîtra l'échec d'un mariage d'amour et perdra trois enfants en bas âge.
De 1901 à 1911, elle est détachée à l'Ecole Supérieure d'Albi.

Au pays vert, princesse des collines
En 1912, à 24 ans, elle est nommée professeur titulaire à l'Ecole Supérieure de Tulle, où elle restera 18 ans. Elle y passera les années les plus claires et les plus heureuses de sa vie ; enseignant, élevant sa nièce en parcourant, avec elle, ce magnifique pays limousin. C'est là, qu'elle fit ses premiers pas en littérature. Elle envoie quelques contes à des journaux locaux et tient un journal intime, qui ne sera publié qu'en 1988. Celui-ci révèle un talent et une richesse intérieure exceptionnels. Ces premiers poèmes en français datent de cette époque. Femme et éducatrice exemplaire, elle offrit à ses élèves poésie, musique, découverte de la nature et du monde ; et toutes en gardent un souvenir ébloui.

Retour en Albigeois, le poète
En 1930, se sentant fatiguée, elle voulut se rapprocher des siens et devint professeur à l'Ecole Supérieure d'Albi. En 1932, la maladie l'oblige à quitter définitivement l'enseignement et à se retirer près de sa mère à Réalmont. C'est là qu'elle allait donner toute sa mesure de poète.

L'Occitane
Un voyage en Catalogne l'aide à découvrir l'importance et la beauté de la langue occitane qu'elle étudiera au Collège d'Occitanie sous la direction de Joseph Salvat. Elle se perfectionnera grâce au génial poète occitan Antoine Perbosc, rénovateur d'une langue tombée au rang de patois. Les courts poèmes intimistes et bilingues de Sorgas nous enchantent par leur délicatesse et leur nostalgie. Fresca est le poème épique des Occitans. Elle y chante les pauvres, les opprimés, les vaincus ; évocations puissantes et tendres que seule une femme pouvait réussir.

La Résistante
Avec Violonaire d'Infern, écrit en 1943 pendant l'occupation allemande, elle se dresse contre toutes les tyrannies.
Jusqu'à la fin, elle écrira aussi en français d'admirables poèmes ; car si elle se réapproprie la langue de ses ancêtres, ce n'est pas pour exclure le français qu'elle aime autant. Louisa Paulin, éditée pour la première fois en 1941, sera plusieurs fois couronnée.
Admiratrice de Bach, Mozart, Beethoven, Sibelius, Louisa Paulin mit en musique certaines de ses œuvres. Elle vécut dans l'amour de la nature et vibra intensément aux évènements historiques, à ceux du présent comme à ceux du passé. Elle aima la vie, la liberté, et rêva de paix et de fraternité universelle.

L'Epreuve
Elle répond à la maladie qui, progressivement, lui fait perdre la mobilité et la vue, par les plus beaux et les plus émouvants de ses poèmes.
Heureusement, elle est entourée d'amis de choix, ses maîtres en occitan, mais aussi René Rouquier et un groupe de jeunes poètes, le Docteur, et Mme Campan, Mme Boulard, et beaucoup d'autres.
En 1944, aveugle, elle dicte à une amie le célèbre poème Quelqu'un et quelques poèmes en occitan, chants de résistance et d'espoir, qu'on réunira sous le titre Montségur.
Le 23 avril 1944, à 56 ans, l'un des plus grands poètes de notre temps quittait notre Terre Albigeoise sans avoir vu la libération de son pays, qu'elle avant tant désirée.

L'œuvre
La plus grande partie de l'œuvre poétique, manuscrite et éditée, peut être consultée à la médiathèque d'Albi (fonds Louisa Paulin).

  • Catalogue du fonds Louisa Paulin, Vent Terral, 1994

Principales publications

  • Rythmes et cadences, éditions du Languedoc (23 avril 1947)
  • Poèmes, Editions de la Revue du Tarn (8 novembre 1969)
  • Je voudrais bâtir une ville heureuse, Vent Terral (1986, réédité en 1999)
  • Direm a la nostra nena, Vent Terral (1984 réédité en 1993)
  • L'escalier de verre, Vent Terral, 1994

Prose

  • Journal, Vent Terral (1988)
  • Correspondance Louisa Paulin - René Rouquier, Vent Terral (1991)

En savoir plus

Consultez le site internet : www.louisa-paulin.org

 

Jean de Coras

Né à Réalmont le 3 décembre 1515, Jean de Coras commença ses études à Toulouse, où il fut l’élève de Jean de Boyssonne, puis à Cahors, Orléans et Padoue, les plus grandes universités se disputant l’honneur de le posséder. Une fois sa formation terminée, il revint à Toulouse en tant que régent de droit, où son enseignement fut particulièrement apprécié de ses étudiants. Par la suite, il part enseigner quelques années à Ferrare (Italie), avant de devenir en 1555, conseiller au parlement de Toulouse.
Calviniste convaincu et actif depuis 1548, son influence et sa notoriété durent jouer pour la diffusion des idées réformistes à Réalmont : en 1551, au moment du conflit qui oppose l’official d’Albi aux consuls de la ville, son frère Raphaël est alors 1er consul. En 1562, Jean de Coras devint chancelier du royaume de Navarre, la patrie du futur roi de France, Henri IV. Critiqué et persécuté à cause de ses convictions religieuses, il se retire à Réalmont à partir de 1568. En visite à Toulouse en 1572, il tombe entre les mains des émeutiers avec plusieurs autres conseillers du Parlement. Après les avoir revêtus de leur robe de cérémonie, ils les pendirent à l’ormeau de Palais.
Il laisse une œuvre juridique importante, et grâce à l’affaire du faux Martin Guerre, dont il rédigea une relation, l’image d’un juge soucieux de la recherche de la vérité, fidèle à sa devise « la raison cède ».

 
Molière

Molière

Guérin de Bouscal

Daniel Guérin de Bouscal est né dans une famille de notaires Réalmontais ayant embrassé la religion protestante. Après des études de droit et muni d’une charge de conseiller, il monte à Paris et c’est là que, de 1634 à 1645, il compose son œuvre littéraire. Son retour en Languedoc met fin à sa carrière littéraire active. A une date inconnue, il avait abjuré et en 1651, il vient prendre les fonctions de premier consul catholique d’un Réalmont encore dominé par les familles protestantes. Il faisait sans doute partie de ces réseaux de fidèles de la royauté mis en place pour assurer l’administration quotidienne dans les régions troublées. En 1652, la situation se tend encore et le parti protestant conduit par la famille Barrau l’empêche de participer aux délibérations et aux élections consulaires. Ce conflit, porté devant le parlement de Toulouse et la chambre de l’Edit de Castres, s’enlise jusqu’au rétablissement de Guérin de Bouscal dans ses fonctions de Consul en 1664. Guérin de Bouscal fut essentiellement un dramaturge : il a laissé un roman fleuve à sujet mythologique, Antiope, des tragi-comédies (Doranise, l’Amant libéral, etc…), deux tragédies La mort de Brute et Porcie et La mort d’Agis et surtout une trilogie comique tirée de Cervantès Le gouvernement de Sanche Pansa.
Molière qui mit les pièces comiques du Réalmontais à son programme, interpréta lui-même plus de trente fois le rôle de Sanche Pansa après son retour à Paris.
On ne sait si les deux hommes se rencontrèrent, mais ils purent en avoir l’occasion pendant le séjour languedocien de Molière, lorsque le comédien joua devant les Etats à la demande du Comte d’Aubijoux, lieutenant général délégué de Gaston d’Orléans, alors gouverneur de la province.
Cette page méconnue de l’histoire de Réalmont fut à l’origine de la Fête à Molière, prétexte à faire revivre pour quelques heures le « Grand Siècle » à Réalmont autour de la figure emblématique de Molière.

 

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